Terra Libra entre commerce équitable et bio-local

02 99 37 14 00

Accueil > Actualités > L’urgence des semences paysannes

L’urgence des semences paysannes

27 février 2019

Jardin’en vie Semences paysannes.3

Etape 4 :

Terra Lib’ Tour - rencontre avec Jardin’en Vie / Valence

Manger biologique et local, en direct du producteur, cultiver en permaculture et construire son autonomie alimentaire … Voilà de belles idées ! Ces préoccupations sont présentes à l’esprit de bon nombre de gens que nous avons déjà croisé sur le chemin du Terra Lib’ Tour.

Mais si l’on prenait un peu le temps de questionner la graine ? Comment est-elle sélectionnée ? Qui la cultive ?
Que l’on achète des graines ou des plants pour notre potager, ou que l’on achète nos légumes dans notre Amap, au marché ou au magasin biologique, d’où vient cette graine qui est à la base de tout ?

Nous sommes nombreux à connaître Kokopelli, renommée pour son travail de conservation des variétés anciennes depuis longtemps. Au début de notre périple nous avons pu croiser, mais juste le temps d‘une balade nocturne, mon copain Mika, qui a créé la ferme urbaine Perma’g Rennes et cultive lui aussi les semences paysannes. Alors aujourd’hui, nous voici rendu près de Valence et nous avons pris le temps de rencontrer Jardin’en Vie.

Mais l’équipe court de partout en cet après-midi du vendredi : tri des tomates pour expédier à une épicerie parisienne, chargement d’un camion pour une foire bio… nous trouverons tout de même quelques minutes pour échanger avec Eric Marchand, créateur et gérant de la SCOP.

Jardin'enVie - Artisan Semencier from eric marchand on Vimeo.

Avec Eric, nous nous connaissons peu, mais avons déjà partagé plusieurs rencontres au sein de notre organisation Minga, rassemblant des « producteurs d’intérêt général » de tous métiers.
On entend beaucoup parler des variétés anciennes de légumes, et des semences paysannes. Je lui ai donc demandé quels en étaient les enjeux.

Pour Eric, le constat est alarmant. La semence reste le sujet oublié de l’alimentation alors qu’elle en est le fondement !! Manger biologique et local est une très belle avancée, mais cela n’a aucun sens si nos légumes sont issus de graines hybrides F1. Surprise ! et oui, même en bio, l’essentiel de légumes proviennent de ces variétés brevetées et commercialisées par les grands groupes de la semence.

Pourtant, au-delà de la nécessité évidente de casser les monopoles, et de s’affranchir de ces grands semenciers qui privatisent le vivant, les variétés paysannes ne manquent pas d’arguments : adaptées à la polyculture, produites dans le champ du paysan elles favorisent son autonomie ; avec une grande variété génétique, elles offrent une liberté de choix au consommateur, et aussi bien sûr une grande qualité nutritive et gustative.

Mais pour Eric, c’est pour tenter d’enrayer le changement climatique que nous devons très vite remettre en culture et largement les semences paysannes. Elles seules ont cette capacité à créer des plants en symbiose avec leur sol, un système racinaire très dense en harmonie avec les micro-organisme ; et recréer de l’humus !! cet humus qui manque terriblement à la surface de notre planète aujourd’hui alors qu’il est notre meilleure ressource pour stocker du carbone.

Mais les maraîchers tardent à s’y mettre, par peur du changement, de mauvais rendements, ou méconnaissance ?

Pourtant, à Jardin’en Vie, ce n’est pas le manque de débouchés qui freine. Et devant l’urgence et la nécessiter d’agir, ils cherchent à changer d’échelle. La Scop vient d’acquérir de nouvelles terres pour passer de 4 à 20ha, et ils visent à étoffer l’équipe pour passer de 6 à 20 personnes d’ici à 2020. Il ne manque plus que les fonds, car il va falloir encore investir. Pour assainir les terres par exemple, 4 ans sont nécessaires ; quand on pense que les agriculteurs conventionnels ont reçu des subventions pour détruire des haies et balancer des pesticides alors que les politiques agricoles n’accordent rien à celles et ceux qui régénèrent les sols !!

Avec la création de l’OPASE (organisation professionnelle des artisans semenciers), ils cherchent maintenant à faire reconnaitre le métier d’Artisan Semencier afin de valoriser ce savoir-faire, former des jeunes et bénéficier de travaux de recherche. Car c’est un travail au combien ardu. Cultiver des végétaux pour leurs graines et assurer leur conservation, c’est devoir faire face à des risques de pollinisation et d’hybridation naturelle : il faut alors compter sur une barrière de culture.

S’il est autorisé de vendre des graines aux particuliers, il reste interdit de le faire auprès de professionnels, ou de vendre des plants. Mais devant ces enjeux, devons-nous attendre sagement que l’état s’affranchisse des lobbys des grands semenciers ? Jardin’en Vie et les autres membres des croqueurs de carotte ont pris leurs responsabilités. C’est à nous, jardiniers amateurs, maraîchers, distributeurs, magasins biologiques et primeurs d’en faire autant.

Ressemons ensemble des graines vivantes, libres et nutritives… !

Minga, l’Alliance Slow Food des cuisiniers, le Groupement des agriculteurs bio du Finistère et le Syndicat des Artisans Semenciers lanceront prochainement

la campagne « Graines d’une Bretagne d’Avenir »

soutenue par certaines Biocoop de la région. Ils ont décidé d’unir leurs efforts pour promouvoir l’usage de semences variétés-populations,auprès des agriculteurs et des jardiniers, professionnels et amateurs, du territoire. Des kit de campagne avec livrets et graines seront bientôt disponibles pour vos semis de printemps !

Thomas, en Terra Lib’ Tour

Jardin’en Vie
Minga – graines d’une Bretagne d’Avenir

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | Tout afficher

  • Campagne de souscription de la cachaça des Sans terre prolongée jusqu’à la fin septembre : n’hésitez plus !

    12 septembre 2012

    Copavi1

    Depuis sa création en 2006, terra libra a tissé des liens avec la COPAVI, coopérative modèle du Mouvement des Sans Terre au Brésil, pour l’importation d’une savoureuse cahaça (le rhum brésilien) artisanale et vieillie en fut de chêne. Depuis 2010, et suite à un accident sur l’alambic, la production de cachaça est arrêtée. Afin de participer au financement des travaux, nous avons proposé à la COAPVI d’organiser une souscription citoyenne de cachaça sur laquelle toute la marge ira à la COPAVI. Ensemble, nous pourrons financer a moitié des investissements nécessaires au redémarrage de la production. La (Lire la suite de Campagne de souscription de la cachaça des Sans terre prolongée jusqu’à la fin septembre : n’hésitez plus !)
  • MST – d’autres partenariats à construire

    12 septembre 2012

    Chargement canne - COPAVI

    Rapport de voyage Février 2012 Thomas Burel Avec la volonté de renforcer notre collaboration avec le Mouvement des Sans Terre dans le sud du Brésil, je me suis rendu chez nos amis et partenaires de la COPAVI en février 2012. Dans notre démarche pour des filières d’importation équitable en dehors des systèmes de certification par tiers, il est essentiel pour nous de pouvoir nous rendre fréquemment auprès de nos fournisseurs pour aborder ensemble les points d’amélioration de la filière sur les divers plans : qualité, logistique, répartition de la valeur ajoutée, respect de l’environnement, projets (Lire la suite de MST – d’autres partenariats à construire)
  • Marinaleda, une utopie vers la paix

    12 septembre 2012

    Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire du village

    Extraits d’un article de Courrier International Juan Manuel Sánchez Gordillo a fait la une des journaux ces derniers jours après avoir mené une “expropriation forcée” de produits alimentaires dans plusieurs supermarchés, au côté de ses camarades du Syndicat andalou des travailleurs (SAT), pour les distribuer aux plus défavorisés. C’est dire si cet homme est un dirigeant singulier au sein de la classe politique espagnole. Anticonformiste, il a été critiqué pour ses dernières actions, y compris dans les rangs de la coalition de gauche Izquierda Unida [l’équivalent du Front de gauche français], dont son (Lire la suite de Marinaleda, une utopie vers la paix)
  • Rencontres d’Automne de Minga les 30 et 1er octobre en Bretagne

    12 septembre 2012

    Minga Réunion

    L’association Minga organise ses Rencontres d’Automne du 29 septembre au 1er octobre à Marzan dans le Morbihan. Vous pouvez vous inscrire en téléchargeant la lettre d’invitation en pièce jointe. Rejoignez-nous ! La diversité des parcours, des métiers, des générations qui composent notre association est incontestablement une force, encore faut-il prendre le temps de la cultiver ensemble pour mieux comprendre l’économie et penser nos propres économies (y compris pourquoi le temps nous manque) afin de réaliser nos ambitions quant à « bien vivre », à vivre bien de son travail et de ses activités. (Lire la suite de Rencontres d’Automne de Minga les 30 et 1er octobre en Bretagne)
  • La Bolivie expulse Coca Cola !

    30 juillet 2012
    Extrait du site d’information latinoaméricain Diario Veloz. En cette période de vacances, exercez votre castillan ! El 21 de diciembre de 2012, día que muchos celebrarán el supuesto fin del calendario maya, el canciller boliviano anunció el fin de la popular gaseosa dentro del país. La decisión sorprende y no es para menos. Coca Cola, la gaseosa efervescente vendida en tiendas, restaurantes y máquinas expendedoras de casi todo el mundo, será expulsada de Bolivia a partir del próximo 21 de diciembre de 2012. La decisión es el marco de los festejos para celebrar el fin del (Lire la suite de La Bolivie expulse Coca Cola !)
  • Minga Bretagne : Ouvrons un champ commun de débats et d’actions !

    5 juin 2012
    Appel : Pour une économie équitable en Bretagne Ouvrons un champ commun de débats et d’actions ! Nous citoyens, vivant en Bretagne, engagés individuellement ou collectivement, lançons un appel à l’ensemble de la population bretonne pour promouvoir une économie équitable. Nous sommes tous confrontés chaque jour à un système économique impitoyable avec les plus faibles, les plus lents, les plus pauvres, les moins malins, les amoureux de la tâche bien faite, du beau geste ou du bel ouvrage. Ce système pousse à l’isolement, à l’incompréhension et à la précarité celui qui essaye de maintenir une cohérence (Lire la suite de Minga Bretagne : Ouvrons un champ commun de débats et d’actions !)
  • Le 17 avril, journée internationale des luttes paysannes !

    27 mars 2012
    Appel à la mobilisation pour le 17 avril : Journée internationale des luttes paysannes Stop aux accaparements de terres : La terre est à celles et ceux qui la travaillent ! (Jakarta, le 2 mars 2012) Le 17 avril a été déclaré "Journée internationale des luttes paysannes", pour commémorer le massacre, en 1996, de dix-neuf paysannes et paysans brésiliens qui luttaient pour leurs terres et pour la justice sociale. Chaque année, à cette date, des actions et des évènements sont organisés à travers le monde, en défense des paysannes et des paysans qui luttent pour leurs droits. Ces dernières années, nous (Lire la suite de Le 17 avril, journée internationale des luttes paysannes !)
  • En route pour le Brésil - visite de la COPAVI en février

    25 janvier 2012

    Alambique Cachaça

    A quand le retour de la cachaça ?? Depuis plus d’un an maintenant, nous devons faire face à une cruelle pénurie de cachaça, le rhum brésilien que nous importons directement de chez nos partenaires de la COPAVI, coopérative collectivisée du Mouvement des Sans Terre. Les obligations légales pour l’exportation ayant été modifiées, notamment sur le type d’alambique, la COPAVI va devoir investir une somme importante pour se mettre en conformité. Pour participer à notre mesure au financement, nous leur avons fait une proposition de pré-financement d’une commande de 2.000 bouteilles avec une part en bons de (Lire la suite de En route pour le Brésil - visite de la COPAVI en février)
  • Non au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes !

    15 décembre 2011
    LE PROJET D’AEROPORT DE NOTRE-DAME-DES-LANDES est une aberration économique, sociale et environnementale Situé à 18 km du centre de Nantes, il ne résoudrait pas les problèmes que pose à la ville l’actuel aéroport. Il les déplacerait seulement. Il infligerait des nuisances graves à plus de 80 000 habitants des communes de la banlieue nord de Nantes. Les diverses structures de raccordement qui lui seraient nécessaires (routes, voies ferrées, pont sur la Loire) causeraient également des problèmes (expropriations) et des nuisances à des milliers d’autres (Lire la suite de Non au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes !)
  • Défense et soutien aux Kogis de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie

    30 novembre 2011
    Tchendukua est une association française qui soutient le peuple Kogi de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie dans leur démarche de restitution de terres afin de leur permettre de faire vivre leur culture et de préserver leurs modes de vie menacées par la société occidentale. Elle intervient également ici, en France, pour sensibiliser le grand public à la connaissance de ce peuple indigène et aux menaces qui pèsent sur lui. Petite présentation Que nous disent les Kogis et à quoi nous renvoient-ils ?... Tchendukua… là ou converge la pensée … Telle est la signification de ce mot qui (Lire la suite de Défense et soutien aux Kogis de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie)

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | Tout afficher

Prochaine livraison

  1. Pays de Rennes : chaque vendredi sauf les 16 août et 23 août
  2. Redon / Vannes / Ploërmel : le 17 juillet, le 31 juillet puis le 28 août
  3. St-Brieuc / Dinan / St-Malo : le 11 juillet, le 8 août puis le 12 septembre
  4. Quimper / Lorient / Auray : les 17/18 juillet, les 29 août puis le 18/19 septembre
  5. Lannion / Morlaix / Brest / Carhaix : les 23/24 juillet, les 27/28 août puis les 24/25 septembre
  6. Nantes : le 18 juillet, le 1er août puis le 5 septembre
  7. Angers / Cholet / Ancenis : le 10 Juillet puis le 11 septembre
  8. Reste de la France : départ sous 48h-72h par transporteur - délai selon destination
Terra Libra 5 rue des vanniers – ZA de la forge – 35830 Betton – Tél : 02 99 37 14 00 – Fax : 09 81 38 55 37 – Mobile : 06 99 98 35 35 –
Se connecter